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Y a-t-il des individus qui sortent indemnes de leur enfance?

  • monicchabot
  • 30 avr.
  • 3 min de lecture

Avec notre cerveau qui sans cesse pose les questions (par l’amygdale) - Suis-je en sécurité? Suis-je assez? Si nous ajoutons à cela les différents traumatismes d’inattention (1), je crois que personne n'y échappe. Ce questionnement au niveau de l’amygdale, selon les experts, est une constante dans notre cerveau, un phénomène inconscient. Ce qui peut rendre notre avancement dans la vie plus compliqué.

Certaines personnes semblent être plus "collectées" que d’autres malgré les blessures de l’enfance. Cependant, ni vous, ni moi, pas plus que nos parents et grands-parents, n'avons reçu un manuel d'instruction quant à savoir comment bien naviguer dans le monde. On se forme sur le tas. Nous testons, et pas toujours avec un résultat positif. Nous croyons même parfois prendre une bonne décision, alors que le résultat de nos actions peut s'avérer catastrophique.


La première fois que j'ai entendu l'expression "écoute ton enfant intérieur", j'ai pensé : "ben voyons, lâche-moi avec ça, nous sommes maintenant des adultes!” Ce que je n'avais pas compris à ce moment-là, c'est que si notre enfant intérieur (2) n'a pas été écouté et aimé comme il en avait besoin, l'adulte portera en lui ses blessures. Il est à noter que même un enfant adulée et devenu le centre d'attention de ses parents/entourage peut aussi ressentir certains manques une fois adulte.


Même la personne la plus "collectée" ne sera pas exempte de moments de doutes, où des relents de son enfance pourraient ressurgir. En contrepartie, ce qui est intéressant de savoir, est que sans les défis à relever, les remises en question et nos erreurs de jugement, nous ne pourrions pas évoluer. C'est une partie essentielle du processus de croissance personnelle. Il n'y a pas d'exception, même les personnes qualifiées de “émotionnellement équilibrées” (3) font face à des problèmes qui exigent une réévaluation.


En ce qui me concerne, lire et en apprendre davantage à ce sujet n'est pas seulement une ferveur, mais une nécessité. Il est difficile de vivre. Savoir naviguer à travers les méandres de nos histoires personnelles est un besoin vital pour l'humanité. Moi, la première, même après des décennies à essayer de répondre à l'appel du cœur, je me trompe et peut causer de la souffrance par manque de conscience.


Il se peut que nous soyons tous des “victimes" de notre propre histoire. Pourtant, rester en position de victime ne nous mènera pas à un équilibre émotionnel, et prévient toute tentative de compréhension de soi. Alors que de reconnaître les manques vécus par l’enfant (intérieur) que nous étions pourra nous mener à mieux distinguer sa vitalité, sa lumière et sa force. Cela nous permettra de mieux vivre en harmonie avec nous-mêmes et avec les autres.


Prendre soin de l'enfant intérieur n'est pas une lubie passagère, mais une réalité dans la vie de chaque être humain. Comme le fait si bien remarquer Fred Rogers (Mister Rogers)…


“L’enfant est encore en moi, et parfois pas si inactif que ça.” (4)


Ce qui est à la fois ma réalité et la vôtre. Essayons donc d'insuffler un peu de conscience dans nos pensées et nos actions. Pour le dire autrement, continuons à vouloir faire briller notre lumière, car le monde en a vraiment besoin.


  1. Le terme « traumatisme d'inattention » n'est pas une définition clinique standard, mais il fait référence aux conséquences psychologiques et cognitives durables d'un manque d'attention, de négligence, ou d'un déficit d'attention chronique (TDAH) non traité. Il peut s'agir soit d'un trauma causé par la négligence, soit d'un état d'inattention résultant d'un trauma.”

  2. “Il représente la partie de notre être qui est restée intacte, créative, joyeuse et connectée à la vie, malgré les blessures du passé. Il s'agit de reconnaître et de nourrir cette part en soi pour un équilibre émotionnel…Il incarne l'innocence primordiale avant la « chute » ou les traumatismes de la vie.”

  3. Ou, avec une "intelligence émotionnelle" élevée.

  4. “The child is in me still, and sometimes not so still”.

 
 
 

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