La capacité de persister même face à l'usure
- monicchabot
- il y a 53 minutes
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“J”aime mieux mourrir usée que stagnée”. Nicole Bordeleau
Il est indéniable que notre corps vieillit. Il contient aussi nos expériences, nos joies, nos tristesses, nos manques, nos succès, nos envies, nos sottises, nos croyances, nos ombres et heureusement notre lumière.
Après avoir atteint sa pension, certaines personnes auront du mal à s'adapter à leur nouveau statut. Ce qui n’a pas été mon cas malgré que cela ait correspondu au début de la pandémie. Cependant, après le déménagement de l'année dernière, j'ai ressenti une grande fatigue pendant quelques mois. J'ai dû me reposer et mettre fin à certaines de mes activités sociales pour revoir mes priorités.
Cela a également engendré un sentiment de stagnation, un sentiment vécu comme une difficulté. En réalité, cela ne constituait qu'une étape de ma vie.
“As-tu déjà pensé que la merde est ce qui faisait vivre le monde?
Penses au fait que les animaux, comme les vaches et les cochons, produisent de l’engrais. Engrais qui fait pousser le plantes, plantes qui nous nourrissent et dont les déchets naturelles sont aussi recyclés. Ainsi de suite.”
Je trouve cette métaphore tellement représentative du mouvement évolutif planétaire.
L'étape du vieillissement du corps est inévitable, et le physique servira souvent à nourrir le sol. C’est donc une étape qui sera vécue par tous et chacun atteignant un âge avancé. Et ne plus vouloir faire face aux difficultés de la vie sous prétexte que nous avons tout vu et expérimenté, est peut-être une forme d'abandon. L’abandon face aux nouveaux défis, à la fatigue et dans certains cas, la maladie. Événements possibles pour toute personne confrontée à un changement majeur dans sa vie. Jeune ou vieille.
Il peut arriver que nous nous sentions fatigués ou dépassés par les événements. Est-ce que cela signifie que nous devons renoncer à la vie? Bien que certains pourraient opter pour cette voie. Néanmoins, il est possible de faire un autre choix. Celui de relever avec détermination les nouveaux défis, malgré les difficultés.
Prendre le temps de se recentrer est parfois nécessaire pour reprendre son souffle. Si ce n'est pour comprendre la raison de l'arrêt, du moins pour prendre du recul. Lorsque le sentiment est trop fort et nous entraîne vers le bas, alors que notre vision du monde n'est que noirceur, il est peut-être sage de chercher à se faire accompagner.
Il n'est pas nécessaire de tout comprendre, de tout faire à la perfection. Pour de nombreuses personnes, l'ère de la performance des pays industrialisés est l'une des barrières qui les empêchent de se poser. Cela peut entraîner un épuisement physique et émotionnel, ainsi que l'impossibilité de percevoir les messages que leurs expériences essaient de leur faire voir, comprendre et/ou assimiler.
Il y a aussi ceux qui se sentent démunis et croyants, à tort, qu'ils ne peuvent pas modifier leur réalité (1), c'est-à-dire parce qu'ils ne voient pas que ce choix est à leur portée. Une question sur laquelle, une amie et moi-même, nous sommes penchées.
Il y a un aspect intéressant à propos de l'énergie requise lorsque nous faisons un choix, peu importe lequel. Considérons les deux options suivantes :
1- Dédier ses énergies à l'intérieur d'un modèle pré-établit, même si ce n'est pas toujours confortable.
2- Se consacrer à son ouverture de conscience. Accroissement de la conscience de ses comportements et de la compréhension de ses mécanismes. Malgré la pression ressentie par la majorité qui suit un modèle établi.
Au départ, on constate une augmentation de l'énergie nécessaire pour modifier ses habitudes et créer de nouveaux neurones. Pendant que le statut quo (ou désigné sous le nom de "misère confortable"), est énergiquement moins coûteux pour le cerveau. (2)
“En résumé, le statu quo est une "économie d'énergie" pour le cerveau, tandis que le changement est une "dépense d'énergie". Le changement est perçu comme égal ou plus difficile tant qu'une nouvelle habitude n'est pas automatisée.”
Intéressant, n’est-ce pas? De plus…
“Bien que ce soit un processus exigeant, l'ouverture de la conscience est perçue comme un saut qualitatif dans l'évolution individuelle, offrant une plus grande liberté, une meilleure compréhension de la réalité et un plus grand alignement avec son propre potentiel.”
Pour récapituler, le choix de continuer son chemin avec intention et détermination est une décision personnelle. Le point de vue de mon amie. Elle mentionnait aussi que chacun de nous a la liberté de faire ce choix, ce qui, au départ, ne correspondait pas à mon point de vue. J’ajoute à cela, que peu importe le choix fait, il n’y en a pas un qui soit meilleur que l’autre. Il s'agit, entre autres, d'énergie, d'état de conscience et de croyances.
En ce qui me concerne, je n'avais pas les ressources nécessaires pour entreprendre la voie du conformisme (métro-boulot-dodo) ET celle de l'hyperconscience de soi en même temps. Dès mon plus jeune âge, ce choix s'est imposé à moi. J'ai cependant mis du temps à accepter ce défi. Car en exposant la complexité de notre existence, on peut augmenter la souffrance. Un risque que je n'avais pas anticipé, mais qui en a valu la peine. Aujourd'hui, je me sens beaucoup plus éveillée qu'auparavant. Plus épanouie, en joie et avec de grands moments de paix intérieure.
Quelles que soient nos décisions, la souffrance dans l'expérience humaine est inévitable. Souffrance que nous avons tout de même la possibilité de transformer en une aventure qui mérite d'être vécue. Pour ma part, la vie est un véritable laboratoire, offrant des découvertes fascinantes et passionnantes à explorer!
Comme Madame Bordeleau le dit si bien : "J'aime mieux mourir usée que stagnée", car les découvertes que je fais aujourd'hui se font pratiquement toutes dans la joie. Ce qui n'a pas toujours été le cas dans le passé.

(2) “L'économie métabolique : Face à une situation connue, même inconfortable (la "misère confortable"), le cerveau utilise des réseaux neuronaux bien rodés qui demandent un minimum d'efforts cognitifs. Sortir de ce cadre exige de créer de nouvelles connexions neuronales, ce qui est extrêmement coûteux en glucose et en oxygène.”




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